{"id":1142,"date":"2021-12-29T10:22:53","date_gmt":"2021-12-29T10:22:53","guid":{"rendered":"http:\/\/avfertile.org\/?p=1142"},"modified":"2022-01-10T13:44:40","modified_gmt":"2022-01-10T13:44:40","slug":"plaidoyer-pour-lagroforesterie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/avfertile.org\/?p=1142","title":{"rendered":"Plaidoyer pour l\u2019agroforesterie"},"content":{"rendered":"\n<pre class=\"wp-block-verse\">Par Mansour Ndiaye&nbsp;: Afrique Verte et Fertile-S\u00e9n\u00e9gal (AVF)<\/pre>\n\n\n<h3>Contexte de la d\u00e9gradation des ressources naturelles<\/h3>\n<p style=\"text-align: left;\"><span class=\"tie-dropcap \">L<\/span>a hausse des temp\u00e9ratures, les perturbations climatiques, le croit d\u00e9mographique mondial, l\u2019\u00e9puisement progressif des ressources en eau (pluies, eaux de surface, nappes phr\u00e9atiques), la baisse de la fertilit\u00e9 des sols, et la d\u00e9forestation, continuent de peser sur les conditions de vie des habitants de la plan\u00e8te.<\/p>\n<p>Au S\u00e9n\u00e9gal depuis l\u2019ind\u00e9pendance, les autorit\u00e9s du pays s\u2019efforcent d\u2019endiguer la d\u00e9forestation et restaurer les for\u00eats \u00e0 travers des actions de sauvegarde et de reboisement dans toutes les zones \u00e9co g\u00e9ographiques du territoire. Dans ce cadre, des strat\u00e9gies ont \u00e9t\u00e9 \u00e7\u00e0 et l\u00e0 d\u00e9velopp\u00e9es pour impliquer les populations locales dans les actions de reboisement et de protection des for\u00eats.<\/p>\n<p>En d\u00e9pit de quelques r\u00e9sultats enregistr\u00e9s en certains endroits du pays, force est de reconnaitre que le chemin \u00e0 parcourir pour assurer une restauration durable des for\u00eats S\u00e9n\u00e9galaise reste encore long. Malgr\u00e9 le fait que la lutte contre le d\u00e9boisement soit un imp\u00e9ratif national, la for\u00eat continue de r\u00e9gresser \u00e0 un rythme de 40 000 hectares\/an alors que les superficies rebois\u00e9es ne d\u00e9passent gu\u00e8re 20 000 hectares. \/an. Le S\u00e9n\u00e9gal perd 40&nbsp;000 ha de for\u00eat par an soit 123 ha par jour (source FAO).<\/p>\n<p>Il est aujourd\u2019hui clair que sans une implication effective des populations locales (en particulier des paysans et \u00e9leveurs) dans les activit\u00e9s de reboisement, il sera difficile voire impossible de renverser la tendance r\u00e9gressive des for\u00eats, et par cons\u00e9quent r\u00e9sorber les pertes annuelles cumul\u00e9es en boisement. Le niveau tr\u00e8s avanc\u00e9 de d\u00e9gradation des terres agricoles et la rar\u00e9faction des p\u00e2turages naturels doivent interpeller tous les segments de la population du pays au premier rang desquels les paysans et \u00e9leveurs qui constatent au fil des ans la d\u00e9gradation de leurs outils de travail (sols agricoles et p\u00e2turages naturels) rendant de plus en plus pr\u00e9caires leurs conditions d\u2019existence.<\/p>\n<p>Les solutions techniques souvent emprunt\u00e9es par ces populations rurales pour compenser les baisses de fertilit\u00e9 des sols et des p\u00e2turages naturels (recours massif aux engrais chimiques, suppression des jach\u00e8res, extension de l\u2019agriculture sur les terres destin\u00e9es aux p\u00e2turages naturels et for\u00eats, surp\u00e2turage, \u00e9mondage excessif des arbres naturels pour nourrir le cheptel, divagation du cheptel jusque dans les parcelles de cultures), ne font qu\u2019acc\u00e9l\u00e9rer le front de destruction des ressources naturelles (sols, boisements, eaux).<\/p>\n<p>Afin de convaincre ces populations locales \u00e0 faire siennes les activit\u00e9s de reboisement, il convient d\u2019ajuster les programmes de reboisement (communautaire, public et priv\u00e9) pour les rendre plus conformes aux objectifs prioritaires des populations locales. Dans ce cadre, la baisse s\u00e9v\u00e8re de la fertilit\u00e9 des sols et la rar\u00e9faction des r\u00e9serves fourrag\u00e8res peuvent trouver une r\u00e9ponse durable dans l\u2019introduction des arbres fertilitaires au sein des<br>exploitations familiales d\u2019agriculteurs et d\u2019\u00e9leveurs. Cette innovation technique (complantation d\u2019arbres fertilitaires) est d\u2019autant plus int\u00e9ressante qu\u2019elle permet par la m\u00eame occasion d\u2019assurer l\u2019autosuffisance des exploitations familiales en produits ligneux (bois, fourrages, etc..).<\/p>\n<p>En raison des r\u00e9ponses positives qu\u2019elle peut apporter aux pr\u00e9occupations premi\u00e8res des populations locales (fertilisation des sols et acc\u00e8s aux produits ligneux), les programmes de lutte contre les changements climatiques (n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019appliquer des mesures d\u2019adaptation et d\u2019att\u00e9nuation), peuvent s\u2019appuyer sur la diffusion de cette technique agroforesti\u00e8re et foresti\u00e8re (complantation des arbres fertilitaires) pour \u00e9tendre \u00e0 grande \u00e9chelle les boisements et par la m\u00eame occasion influencer positivement la r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration naturelle des anciennes for\u00eats.<\/p>\n<p><strong>NB<\/strong> : Rappel de d\u00e9finition d\u2019un arbre fertilitaire (Dupriez \u2013 de Leener, 1993) : Un arbre fertilitaire est un arbre dont l\u2019activit\u00e9 enrichit la couche arable d\u2019une terre, en am\u00e9liore la texture et en favorise la structuration. Pour exercer efficacement sa fonction dans les champs, il doit \u00eatre convivial, c\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019il ne peut entrer en concurrence forte avec les esp\u00e8ces cultiv\u00e9es pour leurs productions domestiques ou marchandes \u00bb. Les arbres fertilitaires sont principalement issus de la famille des l\u00e9gumineuses et plus pr\u00e9cis\u00e9ment de la sous-famille des Mimosac\u00e9e.<\/p>\n<h3>La divagation des animaux domestiques<\/h3>\n<p><img loading=\"lazy\" class=\"size-medium wp-image-1265 alignleft\" src=\"http:\/\/avfertile.org\/wp-content\/uploads\/2022\/01\/avf_divagant-300x247.png\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"247\" srcset=\"https:\/\/avfertile.org\/wp-content\/uploads\/2022\/01\/avf_divagant-300x247.png 300w, https:\/\/avfertile.org\/wp-content\/uploads\/2022\/01\/avf_divagant.png 517w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/p>\n<p>La divagation des animaux domestiques dans les parcelles agricoles et boisements, constitue une contrainte majeure. Elle est une des consequences de la rar\u00e9faction prononc\u00e9e de pluies ayant entra\u00een\u00e9 la disparition des p\u00e2turages naturels.<\/p>\n<h3>R\u00f4les des arbres fertilitaires dans la Fertilisation Symbiotique des cultures<\/h3>\n<p class=\"p1\">L\u2019utilisation continue \u00e0 fortes doses des engrais chimiques dans l\u2019agriculture acc\u00e9l\u00e8re le processus de min\u00e9ralisation de la mati\u00e8re organique par la microbiologie du sol. Dans certains pays d\u2019Europe, la teneur moyenne en mati\u00e8re organique des sols a fortement baiss\u00e9, passant de 4% \u00e0 1,3% en l\u2019espace de 1(un) si\u00e8cle bien que des quantit\u00e9s importantes de biomasse (ex : pailles de bl\u00e9) aient \u00e9t\u00e9 produites durant la m\u00eame p\u00e9riode (5,5 t\/ha contre 2 t\/ha auparavant). Au S\u00e9n\u00e9gal, partout o\u00f9 l\u2019agriculture s\u2019est prioritairement appuy\u00e9e sur la fertilisation min\u00e9rale pour booster les rendements agronomiques des cultures comme l\u2019arachide, le coton, le riz irrigu\u00e9 et les l\u00e9gumes dans la zone des Niayes, les sols se sont progressivement appauvris.<\/p>\n<p class=\"p1\">En France des \u00e9tudes r\u00e9v\u00e8lent que les vers de terres sont pass\u00e9s 2t\/ha en 1950 dans les sols de c\u00e9r\u00e9ales a -100 kg\/ha aujourd\u2019hui. Or, la micro faune du sol \u00e9tant charg\u00e9e de remonter par ses d\u00e9jections, les \u00e9l\u00e9ments nutritifs, alors, lorsque celle-ci disparait, les \u00e9l\u00e9ments nutritifs descendent vers les nappes phr\u00e9atiques et entrainent leur pollution. A partir de cet instant, les sols entrent dans une phase de d\u00e9gradation chimique en s\u2019acidifiant. Ils perdent par lixiviation deux \u00e9l\u00e9ments fondamentaux, le calcium et le fer qui servent de liens \u00e9lectriques entre les humus et les argiles. Les humus ayant \u00e9t\u00e9 min\u00e9ralis\u00e9s et les liens attachant le peu d\u2019humus restant \u00e9tant lessiv\u00e9s, alors les argiles sont entrain\u00e9s \u00e0 leur tour par les eaux de ruissellement vers les plans d\u2019eau de surface ce qui entraine la d\u00e9gradation physique des sols. Lorsque les argiles partent avec l\u2019eau ou le vent, les sols s\u2019appauvrissement et les rendements baissent. Des \u00e9tudes ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9 qu\u2019en France, l\u2019\u00e9rosion des sols agricoles est pass\u00e9e de 10 t\/ha\/an dans les ann\u00e9es 1970 \u00e0 40 t\/ha\/an aujourd\u2019hui, aux U.S.A, elle est pass\u00e9e environs de 40 t\/ha\/an \u00e0 200 t\/ha\/an.<\/p>\n<p class=\"p1\">La vie faunique et micro faunique du sol est tr\u00e8s d\u00e9pendante de la mati\u00e8re organique, c\u2019est pourquoi, toute r\u00e9duction de cette biomasse entraine dans les m\u00eames proportions la diminution de la microbiologie du sol. Il est donc indispensable de maintenir \u00e0 un niveau satisfaisant la mati\u00e8re organique du sol pour en att\u00e9nuer l\u2019acidification, en augmenter l\u2019activit\u00e9 de la microbiologie et en conserver la structure.<\/p>\n<p class=\"p1\">La m\u00e9tabolisation de l\u2019azote atmosph\u00e9rique par les arbres fertilitaires gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019association c\u00e9r\u00e9ales-arbres fertilitaires permet de supprimer les apports ext\u00e9rieurs d\u2019azote chimique tr\u00e8s couteux et polluants au moment de la fabrication comme apr\u00e8s \u00e9pandage sur les cultures (stockage de r\u00e9sidus dans la nature). En plus de leur aptitude \u00e0 m\u00e9taboliser l\u2019azote atmosph\u00e9rique, les arbres fertilitaires comme environs 80% des ligneux, h\u00e9bergent au niveau de leurs assiettes racinaires des champignons mycorhizes capables de rabattre au profit des cultures complant\u00e9es, le phosphore, d\u2019autres min\u00e9raux du sol et les eaux pluviales en mouvement descendant vers la nappe phr\u00e9atique.<\/p>\n<p class=\"p1\">Les r\u00e9sultats positifs enregistr\u00e9s au titre des activit\u00e9s agroforesti\u00e8res d\u00e9velopp\u00e9es dans des pays Ouest-Africains, montrent que l\u2019int\u00e9gration des arbres fertilitaires \u00e0 l\u2019agriculture permet sans utilisation d\u2019engrais chimique et de compost, de fertiliser les cultures en portant les rendements agronomiques \u00e0 130%. Cette int\u00e9gration des arbres fertilitaires dans les syst\u00e8mes d\u2019agriculture et d\u2019\u00e9levage est d\u2019autant plus int\u00e9ressante qu\u2019elle est une technique peu co\u00fbteuse, accessible aux petits producteurs et reproductible dans plusieurs zones \u00e9cog\u00e9ographiques.<\/p>\n<h3>R\u00f4le des arbres fertilitaires dans la Production de Bois<\/h3>\n<p class=\"p1\">Comme dans la plupart des pays d\u2019Afrique, la majorit\u00e9 des S\u00e9n\u00e9galais fait recours \u00e0 la biomasse ligneuse pour couvrir ses besoins \u00e9nerg\u00e9tiques (bois de chauffe) et autres usages (construction d\u2019habitat, meubles, artisanat\u2026). Ceci exerce une forte tension sur la ressource et contribue progressivement \u00e0 sa destruction. Aujourd\u2019hui, il est inqui\u00e9tant de constater que le rythme de destruction des for\u00eats au S\u00e9n\u00e9gal comme partout dans le monde est nettement sup\u00e9rieur \u00e0 celui de leur reconstitution (r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration naturelle et replantation). Pourtant, dans un souci de relever durablement leurs niveaux de revenus, les petits producteurs (majoritaires parmi les professionnels du secteur agricole), peuvent trouver en l\u2019int\u00e9gration des arbres fertilitaires dans leurs exploitations agricoles, un excellent moyen de diversifier leurs activit\u00e9s et par la m\u00eame occasion booster leurs \u00e9conomies : mise en place d\u2019une fili\u00e8re stable d\u2019exploitation de bois, promotion de l\u2019apiculture, adoption et diffusion de technologies \u00e9conomes de carbonisation du bois (la meule casaman\u00e7aise, Biochar \u00e0 base de d\u00e9chets agricoles\u2026).<\/p>\n<h3 class=\"p1\"><b>R\u00f4les des Arbres fertilitaires dans la Production Fourrag\u00e8re<\/b><\/h3>\n<p class=\"p1\">La baisse des performances de l\u2019\u00e9levage S\u00e9n\u00e9galaise (reproduction, lait, viande) cons\u00e9cutive \u00e0 la rar\u00e9faction des aliments fourragers (p\u00e2turages naturels) continue d\u2019\u00e9roder les revenus des professionnels du secteur. Les efforts de distribution d\u2019aliments sous subventions accord\u00e9es par l\u2019\u00e9tat ainsi que les initiatives co\u00fbteuses de promotion des cultures fourrag\u00e8res en irrigu\u00e9e, apparaissent comme des solutions techniquement et \u00e9conomiquement peu durables pour r\u00e9soudre l\u2019\u00e9quation de l\u2019alimentation du cheptel national.<\/p>\n<p class=\"p1\">Les initiatives que l\u2019\u00e9tat du S\u00e9n\u00e9gal tente de lancer depuis quelques ann\u00e9es pour am\u00e9liorer la production laiti\u00e8re et de viande \u00e0 travers l\u2019am\u00e9lioration des races (principalement bovines), ne s\u2019auraient d\u00e9boucher sur des r\u00e9sultats globalement positifs et durables que si des mesures appropri\u00e9es sont prises pour assurer une autoproduction suffisante de fourrage au sein m\u00eame des exploitations familiales d\u2019\u00e9leveurs. Etant donn\u00e9 que la plupart du cheptel s\u00e9n\u00e9galais se trouve concentr\u00e9e dans des zones \u00e9co g\u00e9ographiques du pays o\u00f9 les populations \u00e9prouvent d\u00e9j\u00e0 des difficult\u00e9s pour couvrir leurs besoins primaires en eau domestique (humaine et du b\u00e9tail), il serait illusoire de penser d\u00e9velopper des cultures fourrag\u00e8res sous irrigation dans un tel contexte.<\/p>\n<p class=\"p1\">Dans les zones \u00e9cog\u00e9ographiques o\u00f9 l\u2019eau est disponible (ex : vall\u00e9e et delta du fleuve, Anamb\u00e9), le principal d\u00e9fi de l\u2019\u00e9tat et des riziculteurs est en priorit\u00e9 la culture du riz pour assurer l\u2019autosuffisance du pays qu\u2019ils ont du mal \u00e0 r\u00e9aliser depuis plusieurs d\u00e9cennies malgr\u00e9 les efforts financiers immenses consentis par les pouvoirs publics et les partenaires au d\u00e9veloppement.<\/p>\n<p class=\"p1\">La solution durable \u00e0 l\u2019alimentation du b\u00e9tail national devra donc passer par le couplage de la fonction d\u2019\u00e9leveur de b\u00e9tail \u00e0 celle de producteur de fourrage. Dans ce cadre des accompagnements techniques doivent \u00eatre assur\u00e9s par les services techniques de l\u2019\u00e9tat et les partenaires au d\u00e9veloppement pour permettre aux \u00e9leveurs de maitriser parfaitement les itin\u00e9raires techniques de production fourrag\u00e8re.<\/p>\n<p class=\"p1\">La plantation de v\u00e9g\u00e9taux fertilitaires (ligneuses, herbac\u00e9es) s\u00e9lectionn\u00e9s essentiellement pour leurs int\u00e9r\u00eats sylvo-pastoral (r\u00e9sistance \u00e0 la s\u00e9cheresse, croissance rapide, production importantes de biomasse a\u00e9rienne, tr\u00e8s app\u00e9t\u00e9es par les animaux d\u2019\u00e9levage, r\u00e9sistances aux feux, etc..), peuvent \u00eatre propos\u00e9es aux \u00e9leveurs pour \u00eatre cultiv\u00e9es dans toutes les grandes zones pastorales du pays. Dans ce cadre, pour les arbres fertilitaires fourragers le choix pourrait porter sur: Leucaena leucocephala, Cajanus cajan, Accacia albida. Albizia adianthifolia, Albizia lebbeck Gliricidia sepium, Samanea saman etc\u2026. Pour les herbac\u00e9es fourrag\u00e8res les esp\u00e8ces pr\u00e9sentant plusieurs avantages (p\u00e9rennes, r\u00e9sistantes \u00e0 la s\u00e9cheresse, croissance rapide, productives en biomasse pour les feuilles et les gousses) sont s\u00e9lectionn\u00e9es, le choix pourrait porter sur : Panicum maximum, Brachiaria decumbens, Centrosema, Desmodium, Andrpogon gayanus, Cenchrus. Stylosanthes hamata, Macroptilium atropurpureum, les Brachiaria. Cette liste doit \u00eatre r\u00e9guli\u00e8rement mise \u00e0 jour<span class=\"Apple-converted-space\">&nbsp;<\/span>\u00e0 partir d\u2019enqu\u00eates de terrain aupr\u00e8s des populations locales ou des r\u00e9sultats de la recherche.<\/p>\n<p class=\"p1\">La substitution ainsi propos\u00e9e des herbac\u00e9es fourrag\u00e8res autochtones aux vari\u00e9t\u00e9s d\u2019origines s\u00e9lectionn\u00e9es (ni\u00e9b\u00e9, ma\u00efs fourragers\u2026) trouve sa justification dans les bonnes performances nutritionnelles et agronomiques possibles avec les premi\u00e8res sous les conditions climato \u00e9daphiques locales mais \u00e9galement leurs manques d\u2019int\u00e9r\u00eats pour des apports ext\u00e9rieurs en intrants (semences, engrais chimiques, irrigation, pesticides phytosanitaires).<\/p>\n<p class=\"p1\">Les cultures fourrag\u00e8res \u00e0 base de ligneux ou d\u2019herbes sont tr\u00e8s opportunes pour la mise en valeur des terres marginales peu fertiles situ\u00e9es dans des zones pastorales du S\u00e9n\u00e9gal o\u00f9 les superficies de terre sont importantes, mais les faibles pluviosit\u00e9s annuelles n\u2019y permettent pas de conduire des activit\u00e9s agricoles rentables.<\/p>\n<p class=\"p1\">L\u2019introduction des ligneux fertilitaires fourragers dans les p\u00e2turages naturels de ces zones pastorales pourrait pr\u00e9senter un double avantages pour l\u2019\u00e9levage: (1) servir de nourriture pour le b\u00e9tail, (2) servir de fertilisants du sol au profit des herbes fourrag\u00e8res associ\u00e9es. Par ailleurs, bien que les gramin\u00e9es et l\u00e9gumineuses fourrag\u00e8res herbac\u00e9es fournissent suffisamment de p\u00e2turage en hivernage, la longueur de la saison s\u00e8che au S\u00e9n\u00e9gal (8-9 mois), justifie d\u2019explorer d\u2019autres sources pour couvrir les besoins en alimentation du b\u00e9tail en saison s\u00e8che. D\u00e9j\u00e0 habitu\u00e9s pendant la saison s\u00e8che \u00e0 nourrir le cheptel \u00e0 partir des p\u00e2turages a\u00e9riens, l\u2019introduction (plantation) des ligneux fertilitaires dans les p\u00e2turages naturels des zones pastorales, doit pouvoir trouver un \u00e9cho bien favorable aupr\u00e8s des \u00e9leveurs de b\u00e9tail<\/p>\n<h3 class=\"p1\"><b>R\u00f4les des Arbres fertilitaires dans la lutte contre le R\u00e9chauffement Climatique<\/b><\/h3>\n<p class=\"p1\">Le r\u00e9chauffement progressif du climat est devenu un fl\u00e9au mondial affectant la vie et le d\u00e9veloppement \u00e9conomique et social de tous les habitants de la plan\u00e8te. La contribution des plantes vertes (arbres, arbustes, herbes) dans la s\u00e9questration du dioxyde carbone (CO2), du m\u00e9thane est connue de tous. Au S\u00e9n\u00e9gal, le r\u00f4le important que peuvent jouer les arbres fertilitaires (multi usages) sur des questions qui pr\u00e9occupent au quotidien les populations locales (baisse de fertilit\u00e9 des sols, pollution de l\u2019environnement, rar\u00e9faction des ressources naturelles, \u00e9rosions..) peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme un pr\u00e9texte r\u00e9el pour emmener les populations locales \u00e0 adopter les arbres fertilitaires dans toutes les activit\u00e9s visant \u00e0 cr\u00e9er des puits de carbone (les boisements).<\/p>\n<h3 class=\"p1\"><b>R\u00f4les des Arbres fertilitaires dans la Restauration des For\u00eats Naturelles<\/b><\/h3>\n<p class=\"p1\">La destruction des for\u00eats dans le monde est principalement l\u2019\u0153uvre de l\u2019homme qui pendant longtemps a consid\u00e9r\u00e9 les massifs forestiers comme un patrimoine exclusif de l\u2019\u00e9tat \u00e0 qui il doit revenir la charge de la restaurer et de l\u2019entretenir. Pourtant les impacts n\u00e9gatifs de la d\u00e9forestation sur les outils de production des agriculteurs et \u00e9leveurs (sols et p\u00e2turages en \u00e9tat de d\u00e9gradation avanc\u00e9e), sont aujourd\u2019hui perceptibles jusque sur les performances de plus en plus faibles de l\u2019agriculture et de l\u2019\u00e9levage dans toutes les r\u00e9gions s\u00e8ches du monde. C\u2019est pourquoi, toute strat\u00e9gie visant \u00e0 restaurer durablement les for\u00eats doit passer par une implication active des populations locales dans les actions de reboisement au travers de leur engagement participatif. Ainsi, l\u2019introduction des arbres fertilitaires dans les exploitations familiales doit permettre une auto production de produits ligneux (bois, fourrages, \u00e9corces\u2026) seule capable de r\u00e9duire la fr\u00e9quentation des boisements naturels par ces m\u00eames populations. Par ce biais, la r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration naturelle des for\u00eats d\u00e9grad\u00e9es pourra se r\u00e9aliser progressivement.<\/p>\n<p class=\"p1\">La multifonctionnalit\u00e9 (multi usages) des arbres fertilitaires en particulier sur des questions qui pr\u00e9occupent dans l\u2019urgence les populations locales (baisse de fertilit\u00e9 des sols, rar\u00e9faction de bois \u00e0 usage domestique, appauvrissement des p\u00e2turages naturelles), suffira \u00e0 convaincre les populations locales de la n\u00e9cessit\u00e9 de s\u2019engager d\u00e9sormais de mani\u00e8re active dans des activit\u00e9s de reboisement reposant en priorit\u00e9 sur l\u2019utilisation des arbres fertilitaires.<\/p>\n<h3 class=\"p1\"><b>R\u00f4le des Arbres fertilitaires dans la Lutte contre la Pauvret\u00e9 Rurale<\/b><\/h3>\n<p class=\"p1\">L\u2019introduction des arbres fertilitaires dans les exploitations familiales permet de booster sensiblement les revenus agricoles gr\u00e2ce: aux cro\u00eets des rendements agronomiques (+30%) obtenus sans fertilisants chimiques ni composts, aux ventes de bois et fourrages issus de l\u2019\u00e9mondage annuel des arbres fertilitaires, \u00e0 une production plus importante en produits animaux (reproduction, lait, viande, autres coproduits) obtenus suite \u00e0 un meilleur affouragement des animaux. Le redressement des performances de l\u2019agriculture et la production de bois obtenu \u00e0 partir des plantations d\u2019arbres fertilitaires vont permettre l\u2019\u00e9mergence d\u2019emplois nouveaux en zones rurales : artisanat du bois, mini minoterie villageoise, cordonnerie etc.<\/p>\n<h3 class=\"p1\"><b>Le R\u00f4le des arbres fertilitaires dans la r\u00e9duction des Facteurs Erosifs<\/b><\/h3>\n<p class=\"p1\">L\u2019\u00e9rosion des sols est la cons\u00e9quence directe de la s\u00e9cheresse, de la d\u00e9forestation, du recul de la mati\u00e8re organique, de la disparition du tapis vert du sol et des vents forts soufflant pendant la saison s\u00e8che. Au S\u00e9n\u00e9gal, comme dans plusieurs pays d\u2019Afrique Sub saharienne, des dunes de sable autrefois fix\u00e9es par la v\u00e9g\u00e9tation faite de ligneux et d\u2019herbac\u00e9es, sont remises en mouvement, ce qui constitue une menace s\u00e9rieuse sur les cultures, les infrastructures et les habitations. Dans bien des cas, les populations riveraines sont les premiers responsables de la destruction de la v\u00e9g\u00e9tation fixant ces dunes.<\/p>\n<p class=\"p1\">L\u2019introduction des arbres fertilitaires dans les exploitations familiales peut permettre de minorer la fr\u00e9quentation des boisements naturels par ces populations (autosuffisance assur\u00e9e en produits ligneux des exploitations familiales) et par cons\u00e9quent de r\u00e9duire sensiblement les facteurs \u00e9rosifs.<\/p>\n<p class=\"p1\">Dans les r\u00e9gions Sud, Sud\u2013Est et Ouest du pays o\u00f9 le relief accident\u00e9 est compos\u00e9 de nombreuses chaines de montagnes, les stigmates de l\u2019\u00e9rosion hydrique sont nettement visibles sur : les sols agricoles des flancs et pieds des montagnes, les p\u00e2turages et les boisements naturels. Des plantations d\u2019arbres fertilitaires suivant les courbes de niveau peuvent largement contribuer \u00e0 la restauration de ces sols gr\u00e2ce \u00e0 une r\u00e9duction des effets de l\u2019\u00e9rosion hydrique.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par Mansour Ndiaye&nbsp;: Afrique Verte et Fertile-S\u00e9n\u00e9gal (AVF) Contexte de la d\u00e9gradation des ressources naturelles La hausse des temp\u00e9ratures, les perturbations climatiques, le croit d\u00e9mographique mondial, l\u2019\u00e9puisement progressif des ressources en eau (pluies, eaux de surface, nappes phr\u00e9atiques), la baisse de la fertilit\u00e9 des sols, et la d\u00e9forestation, continuent de peser sur les conditions de &hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":1431,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[42,44],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/avfertile.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1142"}],"collection":[{"href":"https:\/\/avfertile.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/avfertile.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/avfertile.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/avfertile.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1142"}],"version-history":[{"count":30,"href":"https:\/\/avfertile.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1142\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1432,"href":"https:\/\/avfertile.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1142\/revisions\/1432"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/avfertile.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/1431"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/avfertile.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1142"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/avfertile.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1142"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/avfertile.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1142"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}